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L’histoire de la plus célèbre coiffe bretonne…

 

Premiers témoignages sur la coiffure des femmes des environs de Pont L’Abbé

Avant le XIXe siècle, le pays de Pont L’Abbé ne s’appelle pas encore bigouden mais « Cap Caval ». C’est la coiffe des femmes qui lui donnera le nom que nous lui connaissons aujourd’hui.

La première source connue mentionnant la coiffe de Pont L’Abbé comme distincte de ses voisines date de 1747. Le reste de la tenue ne semble alors pas se distinguer du vêtement paysan des campagnes environnantes.

Origine géographique, richesse, statut social, métier… La coiffe est une véritable pièce d’identité.

Au début du XIXe siècle, les femmes semblent poser leur coiffe sur un petit chignon bas. Aucune indication sur l’usage d’un bonnet ne nous est parvenue avant les dessins très précis de FH Lalaisse en 1843. Les cheveux sont remontés sur le bonnet, qui connaît la même utilisation qu’aujourd’hui : il assure la base de la coiffure.

Au milieu du XIXe siècle, les cheveux sont maintenus sur le bonnet à l’aide d’un long ruban de laine. Enserrant la tête, il sert d’assise à la coiffe.

Les ailes de la coiffe, qui pointent encore derrière les lacets dans les années 1850, se rétractent complètement dès les années 1860.

Entre 1880 et 1914 le Pays Bigouden s’ouvre plus largement sur le monde

Corsetée par la religion catholique et la famille, la société traditionnelle évolue cependant et laisse davantage de place à l’individu. Auparavant utilitaire, la coiffe devient objet de coquetterie. Désormais, les femmes libèrent petit à petit leur visage et la coiffe se resserre lentement sur le somment du crâne.

D’abord cantonnée à un petit rectangle, la broderie s’étend peu à peu à l’ensemble de la coiffe : la visagière, la pièce arrière (daledenn), et enfin les lacets vers 1900.

Auparavant simples rubans utilitaires, les lacets étaient souvent découpés au mètre dans des longueurs de dentelle mécanique, avant d’être brodés à la main à partir des années 1900.

Dans les années 1880, les cheveux sont fermement lissés à l’arrière de la tête. Un ruban fixé au sommet de la coiffe les maintient à l’aide d’épingles.

Les années folles de l’entre-deux-guerres : les femmes gardiennes et moteurs de la tradition

Au lendemain de la Première Guerre Mondiale, les femmes sont de plus en plus nombreuses à travailler à l’extérieur du cercle familial. De nombreuses jeunes Bigoudènes doivent se résoudre à l’émigration ou accepter les conditions de travail des conserveries.

Crispation conservatrice ou résistance à l’uniformisation ?

La coiffe connaît alors l’évolution la plus marquante de son histoire : telle un affront à la société moderne, au climat et aux conditions de vie, elle grimpe de façon extravagante.

Filles de la côte, filles de la ville, brodeuses occasionnelles ou professionnelles, toutes se lancent dans une course aux centimètres.

De saison en saison, la coiffe monte… Elle grandit en moyenne d’un centimètre par an.

Après-Guerre, la mode se fige

Au sortir de la deuxième guerre mondiale, la coiffe a atteint sa taille maximale.

Les Bigoudènes sont rattrapées par leur destin. Le vêtement devient costume, la coiffe devient vestige d’un mode de vie en voie de disparition.

Les dernières générations de femmes portant la coiffe au quotidien sont nées dans les années 1920. Dans les années 1950, elles ont une trentaine d’années. Elles avancent en âge, sont touchées par des deuils, et portent des coiffes pleines ou très sobrement ajourées, de deuil ou demi-deuil. Les nouvelles génération de Bigoudènes, ces jeunes filles qui osaient lancer de nouvelles modes, ne portent plus la coiffe. L’évolution vestimentaire n’a plus de sens. La mode se fige.

Dans les années 1960 et 1970, tant de Bigoudènes qui jusqu’alors portaient quotidiennement leur coiffe l’abandonnent pour une tenue de ville plus commode, mais surtout plus passe-partout. Elles veulent quitter cet attribut jugé ringard et trahissant pour les citadins un retard culturel. D’autres refusent la folklorisation qu’elles lisent dans le regard des touristes. Certaines enfin n’ont plus la force, l’âge venant, de s’attaquer chaque matin à la construction de l’édifice, ou apprécient le confort d’être « en cheveux ».

D’autres femmes continuent de porter leur coiffe, par habitude, par peur du changement, par fidélité à la société traditionnelle… Mais à l’exception des communions, après-guerre, aucune petite fille ne se verra poser la coiffe par sa mère, rompant ainsi la tradition de façon irrémédiable. En 1977, 3 567 Bigoudènes portent quotidiennement la coiffe, soit environ 31 % des femmes de plus de 47 ans.

Symbole d’une culture qui a su résister

A partir de la fin des années 1970, la Bretagne connaît un renouveau économique et culturel. Le flux migratoire s’inverse enfin. Les mouvements culturels revendiquent le droit de vivre au pays, dans le respect d’une culture bretonne réinventée. Le regard sur le vêtement traditionnel change, devient plus valorisant. De rétrograde, la coiffe devient symbole d’une culture qui a su résister au rouleau compresseur de la modernité. 

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Récolement et pose de coiffe

A priori rien de commun entre l’obligation légale de procéder au récolement des collections et la pose de la coiffe bigoudène…

Mais c’est effectivement en procédant à la vérification des objets sur place que Isabel Navarro, stagiaire en conservation préventive au musée, a retrouvé cette série de photos datant de 1963. Nous vous proposons donc de visualiser les étapes majeures de la pose de coiffe en

compagnie d’une jeune bigoudène richement habillée !

 

 

 

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Les photos de famille…


Le musée possède un fonds iconographique relativement important. Il est constitué essentiellement de photos de famille du pays bigouden et est régulièrement alimenté par des dons de particuliers.
Nous remercions les nombreuses personnes qui nous prêtent régulièrement leurs clichés et nous permettent d’en sauvegarder des copies.

Ici, une très belle photo de famille des années 1930. Quasiment tous les hommes portent encore le gilet traditionnel en velours noir. A noter qu’aucun gilet brodé n’est porté. Les tabliers sont ornés de différents types de broderie, nouvelles ornementations à la mode.

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Les grands gilets brodés bigoudens

Ce gilet jaune féminin est en cours d’acquisition par le musée.
Il s’agit d’un très bel exemple de la série des grands gilets brodés de soie du premier quart du XXème siècle, ceux-là même qui ont fait la renommée des maîtres brodeurs bigoudens. Gilet de paysanne aisée, cette parure est réservée aux grands jours.
Le plastron est brodé en rangées, l’une des caractéristiques des gilets bigoudens. La rangée haute est formée de grandes volutes, les deuxième et quatrième rangées sont composées de différents registres : drenn presk, chaînes de vie, petites cornes de bélier. Immuablement, la troisième rangée est constituée de plumes de paon. Un motif particulier dit « écailles de poisson » termine la partie basse du plastron.
Sur les manches se lit aussi la richesse de la famille : un très grand motif de plume de paon, emblème du Pays Bigouden, en couvre la partie haute.
Comme tous les gilets bigoudens jusque dans les années 1920, il est taillé dans un drap de laine épais et sec. L’échancrure des manches dans le dos ainsi que le montage particulier des plastrons et des manches sont les éléments caractéristiques des gilets bigoudens féminins.
D’ailleurs, comment savons-nous que ce gilet est féminin ? La réponse est simple, il possède des manches… En effet, se portant sous une veste, les gilets bigoudens masculins n’en comportent pas.

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Un tablier des années folles

Ce tablier a été proposé en don au musée au courant de l’année 2010.

Il s’agit d’une très belle pièce des années 1930. L’ornementation très particulière se retrouve dans une grande partie de la Basse-Bretagne à cette époque-là : broderie richelieu, passé-plat, perlage… Par contre, la coupe et le montage sont de facture bigoudène. Son empiècement à la taille est facilement identifiable.

Le temps et les rongeurs ont fait leur oeuvre mais cela n’ôte pas à ce tablier son intérêt patrimonial.

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Série spéciale sur le musée dans le Télégramme

Toute la semaine, la rédaction de Pont L’Abbé consacre une série au musée. Après le biniou retrouvé puis la conservation préventive des textiles viendront une coiffe pas comme les autres et d’autres objets étonnants et insolites.

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Zoom sur une enseigne de repasseuse de coiffe

Le musée vient d’acquérir cet objet.

Il nous a été présenté comme étant une enseigne de repasseuse ou de brodeuse de coiffes. Pourtant, un détail attire notre attention, elle semble pleurer…

Est-elle encore dans la mémoire collective ? Quelqu’un se souvient-il de cet objet ?

Vous pouvez nous contacter au

02 98 66 00 40, par mail : mediation@museebigouden.fr ou nous laisser un commentaire ci-dessous !

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CHANTIER DES COLLECTIONS

RouetLa rédaction d’un nouveau projet culturel pour le Musée Bigouden a rendu nécessaire le chantier des collections, qui doit répondre à plusieurs objectifs :

 

  • Mieux connaître les collections du musée ;
  • Faire le bilan de leur état sanitaire et repérer les objets qui demandent une restauration urgente ;
  • Améliorer le conditionnement des collections et préparer leur transfert vers des réserves.

La première étape du chantier des collections consiste à démonter les anciennes salles d’exposition et à classer les objets. Dans un deuxième temps commence le récolement, qui sera suivi par l’inventaire rétrospectif, la numérisation et la création de réserves.

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